L'Offensive n°25 du mois de mars : "le travail quel sens ? "
Par Collectif du Printemps, vendredi 26 février 2010 à 10:33 :: Page d'accueil :: #202 :: rss
Le numéro du mois de mars de la revue l'Offensive est consacré à la question du sens du travail. Un peu de lecture avant le Printemps nous fera pas de mal pour nous préparer. Se demander "le travail quel sens ?" c'est un peu se demander "Et si le travail nous aidait à vivre bien ?".

Au sommaire :
- Travailler, quel sens ? | p. 16
- Le capitalisme tue le travail | p. 19
- Manuels/intellectuels, pour un front commun | p. 22
- Y’a du ménage à faire ! | p. 24
- Le compagnonnage | p. 25
- Travailler sans les autres | p. 26
- Sortir du cadre | p. 29
- Retrouver le sens du travail | p. 30
- De l’autocratie à l’autogestion | p. 32
- De la médecine technologique à l’ostéopathie | p. 33
- Formes vives | p. 34
- Travailler l’anachronisme | p. 36
EDITO DE L'OFFENSIVE
DEPUIS DES ANNÉES, le travail est l’objet d’attaques venues de tous les horizons. D’un côté le capitalisme réduit le sens du travail au fait de gagner plus ou moins d’argent, il se livre à une exploitation organisée des capacités des travailleurs conduisant à leur dépérissement physique et intellectuel, il déstructure leurs communautés en les dépossédant de leurs savoir-faire, de leur identité, et en les empêchant de s’approprier leur outil de travail en générant des mutations technologiques incessantes. D’autre part, on a assisté dans les vingt dernières années à l’émergence polymorphe de critiques du travail venues de la gauche et des milieux anticapitalistes, soit pour contester sa centralité, réhabilitant ainsi le vieux fantasme de la libération du travail par le progrès technique, soit pour déconstruire le travail en tant que catégorie idéologique intrinsèquement liée au mode de production capitaliste, soit enfin pour le déconsidérer en soi comme activité pénible, ennuyeuse ou douloureuse. Pourtant il faut bien le constater : jamais le travail n’a été aussi central dans nos vies, dans nos discussions, dans la manière même que nous avons de nous rapporter aux autres ou d’envisager notre existence au quotidien. Et l’absence de sens dont le travail semble frappé aujourd’hui rend notre vie d’autant plus absurde. Mais cette absurdité n’est pas une fatalité : elle peut être combattue, à condition de comprendre comment une société fondée sur le capitalisme et l’industrie enlève systématiquement toute signification à l’activité de produire, de fabriquer, et comment l’invention d’autres modes de production, d’une autre organisation du travail, peut permettre l’autoréalisation des individus aussi bien que l’épanouissement de collectivités libres. Il n’est d’ailleurs pas d’activité qui puisse rester en dehors de ce double mouvement de remise en question et de transformation pratique : aussi bien le travail en supermarché que l’artisanat, les professions dites libérales que le travail domestique.
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